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A écouter ce mardi 25 février entre 16 et 17h sur Radio Campus
Boîte à outils n°4 : Philippe Pignarre et l’ethnopsychiatrie, une écologie mentale en actes
Voyage au pays des empêcheurs de soigner en rond...

Collectif sans ticket - 24 février 2003


Avec ce quatrième numéro de la collection "Boîte à outils", le Collectif sans ticket poursuit ce mardi 25/02 en votre compagnie son exploration radiophonique des visages de l’écologie politique, entendue comme écologie plurielle : tout autant sociale et mentale que environnementale.

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Diffusion ce mardi 25 février de la quatrième émission "Boîte à outils" de 16h à 17h, sur Radio Campus .

- 107.2 FM à Bruxelles
- ou en direct sur le web


Que nous réserve cette fois l’ouverture de la "Boîte à outils" ? Une prise de contact avec deux passeurs...

"Passeur", le terme convient sans nul doute à Philippe Pignarre. Pourvu d’un itinéraire professionnel entamé dans le secteur de la recherche pharmaceutique mais historien de formation, il dirige aujourd’hui Les Empêcheurs de penser en rond, maison d’édition dont l’activité au cours des dernières années a contribué à revigorer l’inconfort intellectuel et à enhardir la contrebande d’hypothèses dans les territoires trop souvent pacifiés des sciences humaines.

Les écrits de Philippe Pignarre lui-même, qu’ils aient trait au phénomène de la dépression comme épidémie ou aux ressorts de l’innovation pharmaceutique, s’attachent à élucider les modes de constitution d’une société, du passage de micro-groupes au niveau "macro", et montrent notamment comment la manière de concevoir une thérapie contribue à redéfinir les maladies auxquelles elle s’adresse, en instaurant et stabilisant des collectivités de patients. Comment, en somme, les médicaments font du social.

"Passeur", tel est aussi le rôle - voire le statut - de l’ethnopsychiatrie et de l’ethnopsychologie, des démarches tout à la fois thérapeutiques et scientifiques que Philippe Pignarre connaît bien, quoiqu’il n’en soit pas un praticien. L’approche que développe l’ethnopsychiatrie nous semble en effet à bien des égards engagée sur la voie de l’écosophie, de cette écologie plurielle appelée, pour paraphraser Felix Guattari, à étudier "le mouvement, rien que le mouvement".

Dans le fil de ce que nous avons vu au cours des émissions précédentes, l’écologie revêt ici la figure d’une investigation attentive des pratiques thérapeutiques. L’ethnopsychiatrie et ses disciplines soeurs, explorées principalement par les équipes du Centre Georges Devereux, à Paris, s’intéressent aux manières de guérir plutôt qu’à la maladie. Elles s’attachent à découvrir la multiplicité et l’actualité des inventions culturelles que sont les pratiques de guérison.

Chemin faisant, elles élaborent une cartographie des mondes de la guérison, dont la ligne de faille la plus fertile distingue la médecine dite "savante" de la médecine populaire. La première tient les troubles mentaux pour une sorte de maladie que cause une défaillance biologique ou psychique, qui met l’être humain face à lui-même, dans un monde où lui seul produit du sens. Les savoirs populaires de guérison, quant à eux, réinscrivent le désordre constaté dans la complexité du monde et des relations avec les êtres, humains et non humains, qui le peuplent. En faisant communiquer les univers, notamment par la divination, ils créent des passerelles vers un règlement collectif et vérifiable du désordre, et ils dotent le patient de nouvelles appartenances.

Comment pouvons-nous rejoindre les sentiers qu’emprunte l’ethnopsychiatrie ? Philippe Pignarre nous y accueille par une précaution de méthode, il nous invite à adopter un point de vue de symétrie, c’est-à-dire à aborder les pratiques visant à guérir, quelles qu’elles soient, sur un pied d’égalité, sans leur appliquer une volonté d’interprétation, comme autant de techniques efficaces dans leur contexte d’émergence.

Cette idée apparaît dans un texte d’introduction au premier numéro de la revue Ethnopsy, dont Philippe Pignarre est directeur de publication : envisager les pratiques de guérison "sans les partager a priori entre croyance et réalité, rationnel et irrationnel, objectivité et représentation", et ceci "le temps que l’on puisse procéder à l’enquête".







Forum de l'article (1 messages)

> Boîte à outils n°4 : Philippe Pignarre et l’ethnopsychiatrie, une écologie mentale en actes    
21 juin 2005, par Gildas

Bonjour,
je viens d’écouter le très bel entretien avec Isabelle Stengers. Je lis cet auteur depuis quelques années, j’ai beaucoup appris à l’écouter, j’ai aimé sa façon de poser les problèmes. Les textes de l’animateur de l’émission étaient également remarquables.
Je m’apprêtais à écouter l’entretien avec P. Pignarre, mais, hélas, cela semble techniquement impossible. POuvez -vous me confirmer cette impossibilité ?
Merci et bravo pour votre série d’émissions. Je regrette de ne pas pouvoir capter vos ondes belges revigorantes, ici, au fin fond de ma Bretagne.

Gildas Renou
Rennes / France





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