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L’émission radio de ce 28 janvier est mise en ligne !!
"Boîte à outils" n°3 - Jean-Pierre Berlan ou le vivant comme résistance
Le libre accès des êtres vivants à leur propre reproduction : un autre enjeu des luttes actuelles...

Collectif sans ticket - 28 janvier 2003

Boîte à outils n°3 - Jean-Pierre Berlan ou le vivant comme résistance

57 minutes d’une intrigue écologique contée par l’agronome et économiste Jean-Pierre Berlan

MP3 - 19.7 Mo

"Boîte à outils"

Une panoplie d’émissions autour de l’écologie politique.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de cet article ("apporter une nouvelle contribution")

A l’occasion de cette troisième fournée de "Boîte à outils", nous sommes allés à la rencontre de Jean-Pierre Berlan. Directeur de recherche à l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique, en France), agronome et économiste de formation, l’homme aime à raconter des histoires. Plus particulièrement l’histoire de la paysannerie, de ses usages et des savoirs qui sous-tendaient ces derniers. La destruction de cette figure résonne dans les catastrophes à répétition produites par l’agriculture industrielle. Au nom de la rationalité scientifique, des gains de productivité et des gains tout court qu’elle rendait possibles, on allait faire du mot "paysan" une insulte. Le geste de la destruction entendait de la sorte distiller une amnésie généralisée.

Rappeler cette histoire nous intéresse pour trois raisons

Tout d’abord, parce qu’elle permet de résister, comme nous y invitait déjà Isabelle Stengers, à la mise en scène de l’histoire par les vainqueurs. Ensuite, parce qu’elle nous offre la possibilité de comprendre un peu mieux notre présent, et par là-même d’être plus vigilants aux sorties triomphantes des Terminator et autre Dolly. Enfin, parce qu’à regarder de plus près cette histoire des vaincus, on se rend compte que la rationalité n’est plus là où on la croyait. Au regard de la richesse et de la complexité des relations qu’entretenait le paysan avec son milieu, de cet art des agencements dont il avait le secret, bien pauvre apparaît la production en laboratoire d’une plante multi-tolérante ou l’utilisation de "-cides" en tout genre.

L’histoire ouvre alors de nouveau à des promesses de coopérations inédites.

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Pour préparer ou prolonger l’écoute de cette 3me Boîte à outils, nous vous invitons à consulter :

- la revue L’Ecologiste, et plus particulièrement son n°7 (juin-septembre 2002), qui comporte un article de J.-P. Berlan : Les OGM, la faim et l’Académie des sciences. M. Berlan y répond à une déclaration de l’Académie des sciences française approuvant les disséminations volontaires d’Organismes Génétiquement Modifiés, ce qui lui donne l’occasion de fournir une relecture critique de deux siècles de science agronomique et notamment de la généralisation des "variétés hybrides" en agriculture, instruments majeurs d’une expropriation des paysans et du vivant.

Ce numéro de L’Ecologiste s’articule autour d’un dossier : "Comment nourrir l’humanité ?", comprenant e.a. des contributions de François de Ravignan (La faim... comment s’en sortir ?"), de Teddy Goldsmith (La nourriture ou le développement, il faut choisir...) et de Vandana Shiva (La productivité des petites fermes).

Il est disponible auprès du CST, tout comme les autres n° de la revue ;

- l’article "Quelles semences pour nourrir les peuples ?" et le site de l’association Kokopelli - Jetez-y un oeil : il est possible (et vivement encouragé :) de "parrainer" la sauvegarde de variétés potagères, en adressant une cotisation modique à cette association d’utilité publique planétaire :-))

L’ Association Kokopelli a pour finalité :
- de remettre en valeur, dans les pays Européens, les anciennes variétés potagères, de les rendre de nouveau accessibles aux jardiniers en organisant une production et une distribution de semences.
- d’œuvrer dans le Tiers-Monde à la mise en valeur de techniques d’agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu’à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.

Adoptez une semence

L’Association Kokopelli propose à tous ses adhérents et adhérentes (de soutien, actifs et bienfaiteurs) de parrainer une variété. Ils peuvent ainsi, s’ils le souhaitent, choisir une espèce (par exemple une tomate, une laitue, une carotte, etc) et ils se verront ensuite attribuer, par l’association, une variété particulière (par exemple la tomate "Black Zebra" ou la laitue "St Antoine" ou bien encore la carotte "De Guérande".

Les parrains et marraines sont conviés à conserver, au fil des années, cette variété dans leurs jardins et à en reproduire les semences. La souche de cette variété leur sera envoyée par l’association au début du printemps.

Des milliers de variétés de tomates, de piments, de courges, de laitues, de choux sont en quête d’un "refuge". Adoptez une semence ! Ensemble, créons des milliers de jardins "Kokopelli" qui soient chacun le refuge régénérateur d’au moins une variété potagère ! ;

- le site "Notes et Morceaux Choisis", sur lequel vous trouverez une bibliographie des textes récents de J.-P. Berlan et certains de ces textes eux-mêmes ;

- ce site, qui reprend plusieurs textes de J.-P. Berlan, notamment l’excellent et fort complet "Quelle politique semencière ?"







Forum de l'article (2 messages)

> "Boîte à outils" n°3 - Jean-Pierre Berlan ou le vivant comme résistance    
20 mars 2006

bonjour,
J’ai écouté attentivement l’intervention de JP Berlan et j’y ai trouvé vraiment une profondeur de pensée et une clarté d’exposition tout à fait remarquables. Cette qualité de travail me fait vraiment plaisir, surtout à un moment où "on" (les média !!) se plaint de la pensée unique. La réflexion politique qui est à l’oeuvre rejoint - quoique portant sur un objet bien différent - les travaux de Christophe Dejours ("souffrance en France : la banalisation de l’injustice sociale") où il est démontré (parmi tant d’autres choses) que c’est le capitalisme du 19ième siècle qui voit son plein épannouissement au 21ième.
Rien de moderne là-dedans : la chanson est connue de ceux qui mettent le nez dans les livres d’Histoire.

Etant moi-même une scientifique, je confirme bien sûr que chacun défend individuellement son pré carré et qu’aucune idée de résistance collective n’apparaît encore sérieusement.

Mais le temps est compté car toutes les contradictions sociales s’aiguisent dangereusement et le tournant de 2010-2012 va voir l’affrontement ouvert de tous contre tous si les prises de conscience ne sont pas assez claires quant au système lui-même ;
à ce moment-là, en effet, on aura accumulé tous les risques et prévu aucune solution.
Ainsi pour ne prendre que l’exemple de la fac (parmi 100), on aura mis à la retraite beaucoup de scientifiques très compétents, pour les remplacer par ... personne (pas assez de gens formés) ou des incompétents (obligations de recruter massivement même les mauvais), alors qu’il serait tellemnt plus fructueux de prendre les meilleurs de chaque année qui passe (voir le mouvement Sauvons La Recherche). Tous ces choix sont faits au nom d’une logique financière imbécile qui croit que l’on gouverne sur un an et qui appelle vision à long terme une législature !

> "Boîte à outils" n°3 - Jean-Pierre Berlan ou le vivant comme résistance    
18 janvier 2006

Excellente emission de radio, merci à Jp Berlan et au collectif





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