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Titre 5 : GRILLE DE QUESTIONNEMENTS POUR DES RECITS DE VIE PARLANTS.

Groupe de "recherche-action" - décembre 2000


En cohérence avec le concept même de recherche-action, le texte qui suit, même s’il est souvent formulé de manière affirmative, doit être compris comme un énoncé d’hypothèses de travail et de réflexion.


Pour terminer cette tentative de synthèse (encore partielle bien sûr et toute subjective, c’est la moindre des choses !) de nos trois premiers mois de travaux et de débats préparatoires au lancement (enfin !) de notre recherche-action, nous reformulerons ici pour mémoire les différents champs de questionnement qui nous semblent devoir baliser nos recueils de récits de vie. Rappelons qu’ils s’orienteraient sur trois axes : pratiques de fuite et de débrouillardise, rapports à l’institutionnel, vie collective.

Une première volée de questions devrait porter sur « le parcours » de la personne, en veillant à mettre en lumière des moments-clés (changement, rupture, fracture, …) et à susciter la formulation d’éléments d’explicitation de ces moments. Il s’agit par là de nourrir les possibilités pour nous de saisir les types de savoirs et de subjectivités que ces moments ont pu générer. « Le parcours » devrait balayer différents aspects : construction des connaissances (études, formations, apprentissages autodidactes, …), origine sociale et évolution des statuts financiers et socio-professionnels , évolution des cadres familiaux traversés ou construits/déconstruits, déplacement dans l’espace géographique (déménagements, voyages, lieux d’attaches, …).

Un deuxième questionnement porterait regard sur les rapports multiples ,et leur évolution, que la personne entretient ou a entretenu avec les institutions … rapports de soumission, de « pas de côté », de recapture, de détournement, d’antagonisme frontal, … ? Où, quand, comment, pourquoi ?

Un troisième questionnement viserait à donner représentation des réseaux de vie, du tissu social, de la personne. A quel type de réseaux (institutionnel, associatif, familial, affectif, culturel, …) fait-elle appel ? Dans quel type de réseau circule-t-elle ? Qu’est-ce qui s’y vit, s’y produit, s’y échange en terme de savoirs, de savoir-faire, de débrouillardise, de solidarité, de ressources matérielles, de plaisirs partagés, de créativité artistique, … ? Où et comment ces réseaux sont-ils producteurs ou garants de pratiques de fuites, de résistances, d’innovations, d’équipements collectifs, de revenus partagés, … ?

Le quatrième questionnement viserait à établir une sorte de cartographie des déplacements quotidiens de la personne, notamment en lien avec diverse activités « vitales » : enseignement, alimentation, santé, administration « ressources », culture, autres loisirs, défense juridique, … Cartographie géographique (ou comment elle circule sur un territoire) et cartographie temporelle (quel temps consacré à quoi, dans quel agencement ?).

Le cinquième champ de questionnement porterait davantage sur les formulations conceptuelles de la personne, mises en lien avec ce à quoi elles renvoient concrètement : « c’est quoi pour toi la Politique ? la Justice ? la Mobilité ? la Liberté ? la Culture ? l’Engagement ? …

Enfin, un sixième axe viserait à spécifier les problèmes ou réalités concrètes vécus par la personne sur le plan circonscrit de la Mobilité (au sens strict), sur la manière dont elle règle ou ne règle pas son déplacement, celui de ses proches, celui des biens qu’elle produit ou dont elle a besoin, …

Tous ces questionnements sont bien sûr à affiner, à creuser, à enrichir,











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