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"Si on généralise la gratuité du transport public, il faudrait que l’offre de services soit la même pour tous"

Collectif sans ticket - octobre 2001


C’est bien sûr la réalité du monde rural qui est ici évoquée. Serait-il normal qu’à revenu égal, quelqu’un qui habite à la campagne et quelqu’un qui habite en ville financent de manière égale des transports publics qui, pour l’un sont plutôt rares et, pour l’autre, sont plutôt très denses ?


Notons tout d’abord que cet argument pourrait s’appliquer non seulement à tous les services publics, mais également à tous les dispositifs privés de distribution de biens de consommation : il est techniquement impossible, tant pour les pouvoirs publics que pour le privé, d’organiser une "offre" de services ou de biens égale pour tous, c’est-à-dire dont les conditions d’accès seraient identiques : distance, horaire d’ouverture, quantité et diversité des produits,...

"Oui, nous objectera-t-on sans doute, mais celui qui n’a pas accès à un magasin Ikéa, dans sa région, on ne lui demande pas de le financer. Seuls les clients le font, au prorata de leurs achats". Ce qui est faux : Ikéa, comme tout employeur, bénéficie actuellement d’aides à l’embauche et de réductions en terme de charges dites patronales, que financent en fait tous les travailleurs, qu’ils aient ou non un Ikéa près de chez eux et qu’ils en soient clients ou non. De même, nous finançons tous la construction de routes, leur entretien, leur éclairage public, sans lesquels Ikéa n’aurait pu s’installer ; nous finançons tous partiellement les bus qui y conduisent une part de leur clientèle et de leurs travailleurs ; etc etc.

Il serait bien plus profitable aux milieux ruraux de défendre un accès gratuit à des transports publics dont ils ont eux aussi besoin et d’arguer de cette remarque sur l’inégalité d’offres de services par rapport à un financement équivalent pour légitimer un combat offensif en faveur d’un redéploiement de "l’offre de transports" : réouverture de gares, remises en service de lignes ferroviaires abandonnées, augmentation des lignes de bus et globalement du nombre de bus et de trains quotidiens...











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