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Luttes de "minorités" et politique du désir
Chimères n° 33 Le désir ne chôme pas

Maurizio Lazzarato - 31 mai 2002


Depuis 68 la "CLASSE OUVRIERE" est minée par un double processus de "dissolution", en tant que sujet productif et modèle de subjectivation des conflits dans le capitalisme. En effet, les luttes de minorités (femmes, homosexuels, immigrés), qui se sont développées depuis, sont porteuses non seulement de contenus nouveaux mais aussi de rapports différents de subjectivation et de relations inédites avec l’État et les institutions.


Selon Deleuze-Guattari, qui en donnent la définition la plus rigoureuse, les minorités et les majorités ne se définissent pas par le nombre, car une minorité (les femmes) peut être plus nombreuse qu’une majorité (les hommes). "Ce qui définit la majorité c’est un modèle auquel il faut être conforme. Tandis qu’une minorité n’a pas de modèles, c’est un devenir, un processus. Lorsqu’une minorité crée des modèles, c’est qu’elle veut devenir majoritaire ou qu’elle est contrainte de se doter d’un "modèle" nécessaire à sa survie (pour être reconnue, imposer ses droits, avoir un statut)."

Les luttes des immigrés, des femmes et des homosexuels s’organisent autour d’une "double injonction" : le refus de "l’étalon majoritaire" qui définit l’identité politique, sexuelle, culturelle, productive dans la société capitaliste et la nécessité d’être reconnu par ce même modèle, et donc de se "nommer", de se donner une identité (même "minoritaire). Ces minorités, en produisant de nouvelles relations sociales, de nouvelles formes de vie, de nouvelles sensibilités, s’engagent dans des stratégies de "séparation" et de "négociation" qui sont, alternativement ou simultanément, mises en oeuvre vis-à-vis de l’État et des institutions. Dans tous les cas, elles posent le problème du rapport entre lutte, subjectivité et institutions autrement que ne le fait traditionnellement le mouvement ouvrier.

La nouveauté radicale de la lutte des "chômeurs" réside peut-être dans le fait qu’elle a toutes les caractéristiques (et les stratégies) des luttes minoritaires mais sur le terrain du revenu (du salaire social).

Ces luttes s’ouvrent à des processus de subjectivation imprévisibles

La stratégie qui consiste à assumer une "identité" assujettie pour la dépasser dans des "processus" de subjectivation imprévisibles, est une caractéristique commune de toutes les luttes minoritaires. Jadis aussi, les ouvriers révolutionnaires se sont constitués en mouvement pour se détruire en tant que classe. D’une certaine façon les luttes des chômeurs peuvent être interprétées comme une radicalisation des dynamiques de lutte des minorités. En effet, l’élément "identitaire" (l’être femme, l’être homosexuel), qui est nécessairement à l’origine des mouvements de minorités, se présente ici exclusivement, comme assujettissement. Les chômeurs et les précaires sont obligés pour s’organiser d’assumer une "identité" contre laquelle, en même temps, ils se battent. Ils ont toutes les raisons de refuser une identité qui leur confère non seulement un statut économique de pauvre et de surexploité mais les soumet aussi à des dispositifs d’assujettissement et d’individuation étatiques.

La lutte pour un revenu est confrontée aux difficultés de toute lutte de minorités : comment assumer une identité assujettie (l’être chômeur, l’être précaire), sans se laisser enfermer dans une nouvelle classification, un nouveau statut de la pauvreté ? Comment faire d’"un revenu pour tous", non la condition de survie des "exclus " mais une condition préalable pour rompre avec la subordination à la "puissance" productive sociale, avec la discipline de l’entreprise et l’assujettissement de l’État ?

L’État, comme toute institution "représentative", a besoin pour fonctionner de modèles d’identité molaires et codifiés. Depuis longtemps le salariat est devenu le modèle majoritaire de la société capitaliste sur le terrain du "travail" et de la distribution du revenu.

La classe ouvrière a cessé d’être un sujet révolutionnaire (et le marxisme une théorie révolutionnaire) depuis que ses organisations ont abandonné l’"abolition du salariat" comme programme politique. Au lieu de poursuivre la "destruction" de la classe ouvrière, les organisations du mouvement ouvrier ont fait du salariat le "modèle" indépassable de toute subjectivation. La classe ouvrière et ses organisations sont devenues ainsi de puissants "instruments d’intégration". Si cette intégration était "dynamique" (!) dans les trente glorieuses car elle procurait en retour un pouvoir d’achat, depuis le déclin du "fordisme" elle est seulement "répressive" et littéralement "réactionnaire". Elle contribue à la reproduction d’un "modèle majoritaire" de plus en plus vide.

Ce que l’État et les modèles majoritaires ne peuvent pas supporter ce sont les "rapports ambigus" dans lesquels les mouvements de minorités se constituent. Les immigrés. par exemple, qui sont "entre" leur identité culturelle d’origine et une identité du pays qui les "accueille ", qu’ils ne peuvent ni ne veulent assumer complètement. Etre "entre" une identité et une autre est ce qui caractérise les femmes, les homosexuels, mais aussi, selon des modalités différentes. les précaires qui sont "entre" le chômage et l’emploi. Cet "entre-deux", moment de souffrance mais aussi de créativité, conséquence de la crise et "ligne de fuite", est ce qui doit être effacé : l’immigré doit s’intégrer au modèle de la citoyenneté, le précaire au modèle salarial.

Le petit problème, qui ouvre un long avenir à ces luttes est que le "modèle majoritaire" du citoyen, du travail, pour ne rien dire de l’identité sexuelle et des relations de pouvoir qu’elle implique, est en crise structurelle.

Tout le monde est, au moins virtuellement. "entre" quelque chose et autre chose entre chômage et emploi. Entre différentes cultures, entre différentes identités sexuelles, entre différents processus de subjectivation. Par contre l’emploi, la citoyenneté et la sexualité "majoritaires", avec les subjectivités que ces "modèles" produisent, concernent de moins en moins de gens en occident, et a fortiori dans le monde.

Ces luttes refusent les dispositifs étatique d’individuation et d’assujettissement

La "société d’assistance" et le revenu garanti qui devrait en généraliser le principe sont devenus le nouveau spectre qui hante l’Europe (dixit Jospin). Mais il faut dire une fois pour toutes que cette catégorie de l’"assistance" est complètement révolue. Elle a toujours dissimulé des formes de contrôle de la mobilité et de la vie de la population, et notamment des populations "minoritaires".

La multiplication des statuts de pauvres et de précaires entraîne une multiplication parallèle des institutions, des dispositifs et du personnel de contrôle qui accompagnent toute distribution d’argent. Un chômeur, un pauvre et un précaire ne sont pas des "assistés", mais des "sujets" soumis à des techniques d’assujettissement et d’individuation qui, selon Foucault, "s’exercent sur la vie quotidienne immédiate, qui classent les individus en catégories, les désignent dans leur individualité propre, les attachent à leur identité, leur imposent une loi de vérité qu’il faut reconnaître et que les autres doivent reconnaître en eux.". Le revenu, le logement, la formation, la santé, l’identité, le psychisme, les relations de ces populations sont pris en charge par une cohorte de travailleurs sociaux qui interviennent dans le cadre de ce que Foucault définissait comme "gouvernement par l’individualisation". L’État ne décide pas seulement du financement du revenu, il institue de véritables "dispositifs de production d’assujettissement" et de "reproduction de la vie" pour ces populations qui sont à l’extérieur du "modèle salarial".

Si cela est vrai depuis le début du capitalisme, aujourd’hui, le contrôle des populations minoritaires représente le devenir de tout le monde beaucoup plus que le modèle du salariat, Les frontières de la précarité, de la pauvreté et du chômage sont mobiles et concernent, de façon différente, tout le monde.

Que 80 % des nouvelles embauches soient des contrats de travail "atypiques" signifie que le modèle de la relation salariale "pousse par le milieu", le chômage et l’emploi stable n’étant que les extrémités, les limites d’un marché du travail qui continue à multiplier les statuts "précaires". En réalité tout le monde est pris dans cette modulation entre les deux extrémités, toujours à la limite de l’" inclusion " et de l’"exclusion" [1], de la précarité et de la sécurité, du salaire et du revenu.

Par les politiques de soutien à l’emploi. les dispositifs de production étatiques d’individuation et d’assujettissement sont entrés dans l’univers "privé" de l’entreprise. A travers insertion des jeunes par le travail, le traitement économique du chômage, le soutien actif à l’emploi, l’État est en train de transformer le "travail salarié" en emploi "assisté", sûrement mieux "subventionné" que la précarité et le chômage. L’"emploi" a de plus en plus un statut hybride, pris comme il est entre droit privé et droit public, entre économie privée et intervention de l’État. Dans le glissement du travail salarié à l’emploi, c’est le fonctionnaire qui, de façon fantasmatique, représente, beaucoup plus que le travailleur du secteur privé, le nouveau modèle majoritaire de l’emploi. De façon fantasmatique, car les fonctionnaires ont déjà dit ce qu’ils pensent de leurs "privilèges", de l’État et du service public dans les grèves de 95.

On se tromperait donc lourdement en pensant que les politiques de soutien actif à l’emploi sont "productives" et que les dépenses pour les pauvres, les précaires, les minorités sont de l’"assistance". Du chômage à la précarité et à l’emploi, il s’agit d’une seule et même politique de modulation et de régulation de la force sociale productive, qui précarise et déstabilise tout le monde ; politique qui légifère la réversibilité d’un statut à un autre, les passages d’une condition à une autre, d’une identité à une autre, selon des impératifs économiques et de contrôle social.

Régulation de la population (ce que Foucault appelait le " bio-pouvoir ") et régulation du marché du travail tendent à se superposer car elles sont confrontées à une socialisation de la coopération productive qui ne suit plus les contours de l’entreprise.

Les luttes des chômeurs et des précaires pour un revenu peuvent avoir une efficacité redoutable car elles opposent à la régulation sociale de l’Etat une revendication tout aussi sociale et globale. Et surtout parce qu’elles montrent que le refus d’être assujetti à l’Etat comme le refus de se soumettre à la discipline de l’entreprise sont un seul et même terrain de lutte et de recomposition possible.

Ces luttes minoritaires ne se posent pas par rapport au travail salarié, mais par rapport à la "vie"

Les sociétés occidentales sont-elles en train de devenir des sociétés assistées ? Si l’emploi aussi a besoin, et de plus en plus (voir la loi sur les 35 heures), d’être financé par des investissements publics. sommes-nous tous en train de devenir des assistés ? Il faut renverser le raisonnement et affirmer que la production, à ce degré de développement capitaliste, est une production sociale ("bio-politique").

Les luttes des minorités nous disent les conditions de production de la nouvelle nature sociale de la "puissance productive" beaucoup mieux que les économistes, les sociologues et les historiens, dont quelques-uns redécouvrent aujourd’hui le "travail" pour en affirmer la centralité. Les luttes des femmes nous disent les conditions sociales de production de la subjectivité et de ses capacités sémiotico-linguistiques, créatives, relationnelles, ainsi que les coûts de sa reproduction qu’elles assument encore presque exclusivement (éducation, formation. gestion de la "vie").

Les mouvements homosexuels (comme les luttes des infirmières, il n’y a pas si longtemps) nous disent les conditions sociales de production du corps et de ses forces affectives, et nous parlent de leur contrôle à travers la médecine et la science.

Les luttes des immigrés nous disent les conditions socio-économiques, culturelles et subjectives de production de la mobilité. Les luttes des chômeurs et des précaires nous disent que la forme sociale de la production aujourd’hui, il faut la payer en tant que telle, pas pour des raisons humanitaires, mais parce qu’il s’agit bien de la rémunération sociale d’un "travail" socialisé.

Dans les conditions hautement socialisées de la production, il ne s’agit pas seulement de reconnaître le droit à l’existence de tout le monde, mais de reconnaître aussi que la production de richesse dépend de l’éducation, de la formation, de la santé, des forces psychoaffectives, de la capacité à communiquer, à travailler de tout un chacun.

À l’opposé, les patrons, les syndicats et la gauche convergent, quoique de façon différente, sur un point : seule la subordination de ces activités à l’entreprise ou à l’État garantit la production de richesse. La validation "productive" et sociale de toutes ces formes de coopération sociale, qui seules assurent la production de la nouvelle " nature de la puissance productive ", est donnée seulement par l’"employabilité", néologisme barbare qui exprime bien la nouvelle nature de la subordination.

Les luttes des chômeurs et des précaires renversent les termes de ce débat : il ne faut pas financer les entreprises ou l’emploi, mais financer la "nouvelle nature de la puissance productive" (la formation, la santé, la mobilité, la communication) et sa socialisation qui déborde largement l’entreprise.

Les mouvements des femmes et les luttes des minorités posent depuis longtemps le rapport non pas du travail salarié et de la production de richesse mais de la vie et de la production, non pas du temps de travail mais de la vie et de ses différentes temporalités, non pas de la subjectivité "employée" mais des subjectivités quelconques. De cette façon elles désignent la vérité du capitalisme contemporain : la mise au travail de la "vie", son exploitation et sa réduction à un simple élément de "valorisation". Elles en indiquent aussi l’enjeu : dans le capitalisme contemporain, le terrain sur lequel engager la lutte est celui du "bio-politique" et des processus de subjectivation.

Universalité et singularité des luttes pour un revenu

Les luttes minoritaires produisent toujours des singularités aussi bien à travers la création de nouveaux désirs et de nouveaux besoins, qu’à travers les "urgences" qu’elles font émerger du fond de la société : la pauvreté. la maladie, les discriminations.

La singularité ne doit pas être, comme dans la tradition potique moderne, ramenée à l’intérêt général, mais doit être affirmée en tant que telle. Pour ce faire, les luttes des minorités tendent à subordonner l’universel à l’expression des singularités et aux processus de subjectivation imprévisibles, en montrant que l’intérêt général est de produire de la différence et de l’hétérogène. Un revenu "pour tous" n’est pas la finalité en soi de la lutte, mais un moyen, une condition pour pouvoir exprimer les potentialités de subjectivation qui constituent la société et ses "forces productives".

L’opposition entre "liberté" et "égalité", entre individualisme et collectivisme, qui séparait libéralisme et socialisme, s’est déplacée sur un terrain qui échappe à la raison de l’Etat et au système politique. Les luttes pour un revenu sont la réinvention de l’égalitarisme des luttes du mouvement ouvrier sur le terrain de la singularité.

Le rapport entre différence et universalité, que les luttes pour un revenu expriment, est la seule réponse adéquate à ce que le post-fordisme exprime de façon aporétique : développer la "singularité" du produit, du service, mais sous la contrainte de l’universalité du marché et de la monnaie, véritable "double injonction" du capitalisme contemporain. Le mode de production post-fordiste est entièrement concentré dans la gestion de l’événementiel, de la singularité, mais selon le point de vue unilatéral de la valorisation du capital qui ramène les singularités à la répétition et à la banalité du "même". Seules des luttes comme celles pour un revenu expriment le point de vue de la société dans son ensemble sans imposer l’uniformité du socialisme ou du marché. L’"intérêt général", l’intérêt de tout le monde est exprimé par la singularité des minorités : la pauvreté, la maladie, la précarité, la discrimination culturelle, sexuelle et politique ne touchent pas des exclus, des "désaffiliés", mais une puissance productive collective. Et partant de là, elles se diffusent dans le corps social, elles contaminent tout le monde.

Une critique radicale de l’État et du marché trouve ici ses racines, car les deux se chargent de réduire toute singularité à l’équivaloir général de la loi et de la monnaie [2].

Les luttes pour un revenu poussent à une économie et une politique du désir et des forces affectives

Le travail salarié (et je dis bien salarié !) est "productif" seulement dans la mesure où il arrive à capter, quadriller, organiser le désir et les affects. Et cette capture a toujours reposé sur des divisions : division entre travail productif et improductif, entre usine et société, entre subjectivité ouvrière et les autres subjectivités (minoritaires), entre temps de travail et temps de vie, entre travail manuel et intellectuel. C’est seulement à ces conditions que le rapport entre la subjectivité, le corps et le temps, que le capitalisme fait surgir, peut se représenter comme puissance du capital et du travail salarié.

La "grande transformation" que le cycle des luttes de 68 annonce est que le rapport entre désir, affects et technologie n’a plus besoin de passer par la "malédiction" du travail salarié (et je dis bien salarié !) pour produire de la richesse. L’économie de l’information, industrie d’"avenir", est là pour nous montrer comment le capitalisme lui-même, dans ses formes les plus avancées, organise le rapport entre les affects, les désirs et les agencements technologiques sans passer par la discipline de l’usine ; comment il capte, dans un espace ouvert, les affects et les désirs de tout un chacun (sans distinguer entre productif et improductif. entre "subjectivité ouvrière" et subjectivité autre) pour les mettre au service de la production de profit.

Les luttes des chômeurs et des précaires pour un revenu nous disent que, du point de vue des exploités, la condition préalable à la réalisation de cette possibilité inscrite dans le développement du capitalisme contemporain passe par un "revenu garanti", non pas comme salarisation de la misère et de l’exclusion mais comme nouvelles lois sur les pauvres. Un revenu pour tous est la condition préalable qui permette de rompre avec la subordination disciplinaire de l’entreprise, avec l’assujettissement du bio-pouvoir étatique. Un revenu garanti est la condition préalable pour pouvoir exprimer la "nouvelle nature de la puissance productive" qui s’est émancipée de la discipline de l’usine, en devenant intellectuelle, affective et sociale. Un revenu pour tous est la condition préalable pour pouvoir produire la libre coopération des sujets et non plus la subordination à l’entreprise ou à l’État. Produire à travers la liberté et non la contrainte, c’est-à-dire produire, travailler, créer sur la base du désir et non sur la base des "nécessités" du travail salarié.

Produire du réel en refusant les formes de subordination de l’entreprise et de l’État est ce qui peut unir le chômeur, le travailleur et toutes les minorités.

C’est cette "utopie" que les luttes des chômeurs mettent à l’ordre du jour. Une dystopie parce que fortement enracinée dans la réalité. Une dystopie pour peu qu’on risque d’anticiper et infléchir une réalité qui est virtuellement déjà là. Le capitalisme n’exploite pas la subjectivité et la vie sans reconnaître que ce qui produit le réel ce sont le désir et les forces affectives qui l’expriment.



[1] C’est pour cette raison que "inclusion" et "exclusion" ne s’opposent pas, mais constituent les limites d’un continuum dans la gestion-modulation du pouvoir. Inclusion et exclusion sont donc des situations réversibles. Toute théorie de l’"exclusion", de la "désaffiliation", ne fait que confirmer cette polarisation mobile, cette modulation entre deux "limites" elles aussi d’ailleurs toujours en mouvement, avec laquelle les pouvoirs contrôlent la société dans son ensemble. Pour définir un "dehors" possible il faut refuser la spécularité et l’implication réciproque de ces catégories. Ce qu’a fait le mouvement pour la revendication du revenu pour tous.

[2] Il y a bien une production de singularités du point de vue du pouvoir, comme nous a montré Foucault, qui passe par les disciplines, les normes, les dispositifs de gouvernement par l’individualisation, mais il s’agit toujours d’une production finalisée à la "soumission de la subjectivité". Les luttes des minorités attaquent ces technologies du pouvoir individualisant sur son terrain même, ouvrant à la transversalité et à la dimension collective des puissances singulières. Les luttes des minorités sont engagées sur le terrain du bio-pouvoir et de son renversement.











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