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Piste de financement n°2
Les taxes sur le stationnement

Collectif sans ticket - 9 septembre 2002

Les taxes sur le stationnement offrent un autre levier fiscal permettant à la fois d’exercer une pression sur l’emploi de la voiture en ville par les non résidents (incitation au transfert modal) et de dégager des rentrées susceptibles de financer l’accessibilité des transports publics pour tous. En Belgique, entre 1970 et 1991, la proportion des navetteurs qui prennent la voiture pour se rendre au travail est passée de 30,8% à 60,8%. Un doublement en vingt ans, accompagné d’une désaffection drastique pour les autres modes de déplacement [1].

Or, de nombreuses études montrent que, si l’usage de la voiture saute sur les moindres opportunités d’expansion qui lui sont proposées (places de parkings, autoroutes…), il est aussi très affecté par ce qui restreint son « espace vital ». Contrairement à une idée répandue, la disparition de zones de stationnement ou la fermeture d’un axe de circulation important n’entraînent pas un simple déplacement des véhicules vers d’autres quartiers : ils amènent un certain nombre d’automobilistes à reconsidérer leur choix modal, vu ces nouvelles contraintes, et parfois à redécouvrir les vertus des transports en commun. L’effet de tarifs de stationnement pour les navetteurs fortement revus à la hausse serait certainement bénéfique à l’habitabilité des villes.

De plus, les ressources qui en proviendraient financeraient au moins dans une large mesure l’instauration du libre accès aux transports collectifs. Dans le cas de Bruxelles - qui est loin d’être le plus simple - le CDH (Centre Démocrate Humaniste, ex-Parti social chrétien, parti membre du gouvernement bruxellois jusqu’en 1999), favorable à l’organisation d’une consultation populaire sur l’accès gratuit pour tous les Bruxellois, propose que la Région mette sur pied une société intercommunale de stationnement, chargée de fixer « un tarif harmonisé suffisamment élevé pour dissuader concrètement les automobilistes de prendre leur voiture pour se rendre sur leur lieu de travail » [2].

Sans chiffrer les recettes attendues à la suite de cette mesure, le CDH n’envisage de recourir à une redevance annuelle pour garantir l’accès gratuit que si les moyens nouveaux issus principalement de l’intercommunale ne suffisent pas à compenser financièrement la STIB [3]. Le groupe CDH au Parlement bruxellois a introduit une proposition de résolution dans ce sens. Elle associe l’accès gratuit au réseau de la STIB (symbolisé par un « passeport mobilité ») à la délivrance d’une « carte bruxelloise de stationnement » pour chaque ménage, assurant aux seuls habitants de la capitale un stationnement en voirie à prix réduit. Une telle formule de carte de stationnement est pratiquée depuis plus de deux ans dans une commune bruxelloise (Auderghem), et devrait s’étendre progressivement à l’ensemble de la Région.

De même, le Secrétaire d’Etat bruxellois à la Mobilité, Robert Delathouwer, annonce depuis presque trois ans la création d’un "Observatoire du stationnement" , destiné à susciter un début de coordination et de renforcement des politiques de parking entre les dix-neuf communes de la Région [4]. Les ingrédients techniques sont donc en place pour instaurer rapidement une contribution financière indirecte des navetteurs automobiles au budget de la STIB.



[1] Chiffres issus d’une étude de 1999 de la Katholieke Universiteit van Leuven, citée dans le Plan de mobilité du nouveau PSC (mars 2001).

[2] Plan de mobilité du nouveau PSC, mars 2001, p.19.

[3] Ibid., p.20.

[4] Vive l’Observatoire du stationnement, in Le Soir, 21 mars 2000.








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