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Piste de financement n°6
La réalisation d’économies par la mise en oeuvre de l’accès gratuit

Collectif sans ticket - 9 septembre 2002

A titre subsidiaire, relevons que la suppression de toute pratique tarifaire entraînera pour les sociétés de transport en commun la réalisation d’économies, à commencer par celle qui résultera de la suppression des services de billetterie. Gains en terme de frais immobiliers, de frais de fonctionnement et de frais de personnel.

Même type d’économies par la suppression de toute pratique promotionnelle et publicitaire ainsi que de toutes les activités liées au contrôle de "la fraude", au suivi et à la gestion du contentieux judiciaire, avec leurs coûts en chaîne : paiement d’avocats, de sociétés de recouvrement, de frais de justice et d’huissiers.

Economie encore sur le plan des frais de conception, d’impression et de distribution des brochures, dépliants et affiches relatifs aux tarifs en général, aux multiples formules possibles de paiement et à l’évolution permanente de ces pratiques tarifaires multiples...

Economie enfin par la suppression de tout système de compostage, systèmes dont la sophistication (cartes à puce, cartes sans contact etc.) et le coût supporté par les usagers eux-mêmes vont croissants, tout comme le suivi à la trace des déplacements personnels qu’ils tendent à instaurer (voir par exemple la carte Técély introduite depuis le 1er juillet 2002 sur le réseau des Transports en Commun Lyonnais (TCL). La facture de sa mise en place s’élève à 60 millions d’euros - l’équivalent de 320 bus de la STIB - et elle permet d’enregistrer des informations nominatives sur son détenteur, ses heures de déplacements, ses itinéraires etc.)

D’autres économies, moins directement chiffrables celles-là, pourraient être estimées et se voir confirmer ou infirmer dans la pratique. Nous pensons en effet que l’absence de contrôle et donc de risque de répression, l’absence d’argent dans les autobus, les trams et les mezzanines de billeterie ou dans "les poches" des accompagnateurs de train, la diminution consécutive du stress du personnel de première ligne (conducteurs, contrôleurs et sédentaires), la suppression du sentiment d’exclusion chez les usagers "sans thunes", tout cela devrait réduire le nombre d’agressions, voire la plupart des dégradations du matériel, avec des conséquences financières positives en termes de frais de santé, de réduction de l’absentéisme chez le personnel mais aussi en terme d’économies sur les vitres de protection pour les conducteurs de bus ou de trams et sur l’installation de caméras de surveillance qui, aujourd’hui, ont été insidieusement et à très grands frais placées sur certaines lignes déclarées à risque !

Certains nous objectent ici que nous préconisons donc un système qui conduirait à la mise au chômage de plusieurs dizaines ou centaines de travailleurs : employés à la billetterie, contrôleurs, juristes, personnel chargé de la communication. Parions plutôt sur un « transfert modal » d’une autre nature. Le volet commercial et répressif serait en effet amené à disparaître, au profit du développement d’activités plus gratifiantes et socialement utiles, au premier rang desquelles la mise en place de nouvelles liaisons par transport public et/ou l’augmentation des fréquences sur les lignes existantes.

Sur un plan plus macro-économique, précisons ou rappelons que :
- cette balance positive en terme d’engagement/ licenciement de personnel réduira d’une part le coût du chômage, donc économie pour les deniers publics, et entraînera davantage de contributions à ces deniers : cotisations sociales, impôts directs, augmentation en terme de consommation, donc d’impôts indirects (TVA) ;
- l’argent que dépensaient en transport public les usagers solvables sera injecté de toute façon dans le circuit économique, avec ici encore un retour positif en terme de deniers publics, via notamment la TVA.








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