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La STIB, entre coup par coup promotionnel et promotion d’un service public

Collectif sans ticket - octobre 2001


La Région de Bruxelles-Capitale a inscrit une somme de 200 millions fr. dans son budget 2001, pour faciliter l’accès aux transports de la STIB à certaines catégories d’usagers, à savoir les minimexés et les VIPO (ou statuts assimilés). Le prix de l’abonnement mensuel passe donc pour un nombre non négligeable de personnes d’environ 1500 fr. à 300 fr.


Les usagers des Collectifs sans ticket se réjouissent de cette décision, qui consacre pour l’essentiel une situation de fait (les minimexés et VIPO contrôlés sans titre de transport valable étant presque toujours insolvables et offrant à la STIB peu de possibilités de recouvrement financier).

Cette mesure appelle toutefois une série de remarques.

1) Elle a plusieurs guerres de retard par rapport au paysage socio-économique actuel, caractérisé par une porosité sociale et une instabilité statutaire croissantes. Dans un monde où les frontières du travail deviennent chaque jour plus floues, où un même individu peut émarger au minimex, être employé quelque temps, suivre une formation, retravailler, être licencié et ensuite enregistré comme chômeur complet indemnisé, à quoi rime un traitement catégoriel de l’accès aux transports, alors que la mobilité, elle, est d’une importance égale quel que soit le statut affiché ? ;

2) Statut ne veut pas dire revenus. Ce critère de statut se justifie d’autant moins au vu de la disparité des revenus qu’il dissimule : il n’est par rare qu’un chômeur aie moins de ressources qu’un minimexé, qu’un travailleur à temps partiel touche moins qu’un chômeur,… La « discrimination positive » rate alors sa cible et, rendue incompréhensible, nourrit des tensions et des rivalités entre les ayants droit et les autres ;

3) Loin d’un traitement égal des usagers, l’accès aux transports en commun de certaines catégories est ici conditionné à un dispositif supplémentaire de vérification (« N’êtes-vous bien que minimexé ? »), pour une population déjà surcontrôlée ;

4) Ces réductions par catégorie augmentent la lourdeur administrative liée à la gestion de nouvelles formules de paiement ;

5) Une telle approche de l’accès aux équipements collectifs de transport met en lumière la nécessité d’élaborer une politique de service public. Les incohérences relevées ci-dessus en témoignent suffisamment : les réductions catégorielles oscillent entre la charité publique et le coup par coup à vertu promotionnelle (les plus démunis ré-accédant par la même occasion au rang de clients en bonne et due forme). La notion de service public s’y trouve ramenée, au mieux, à celle de « service universel ».

Le CST en appelle avec une vigueur renouvelée à la construction d’une STIB de service public, dont la mission consiste à combattre les inégalités par la mise en place de services accessibles à tous. Le financement de ces services doit dès lors reposer sur d’autres mécanismes que l’imposition d’un péage à l’entrée des véhicules ou des stations. (cf. texte Quelques réflexions autour de l’accès gratuit aux transports publics).











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