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« Eux » et « nous »

Collectif sans ticket - 30 octobre 2000


Ce texte, dont la première mouture fut écrite en octobre 99, tente de discerner les passerelles existant entre le monde des travailleurs à la SNCB et le monde plus flou des chômeurs et autres précaires. Il faisait aussi partie d’une « recherche-action » en cours dont l’objectif était de tracer un autre rapport entre les usagers et ceux qui permettent leur déplacement, en vue d’une refonte du service public.


Depuis maintenant deux ans, le Collectif sans ticket (C.S.T.) exprime en actes un problème de fond : celui de l’égalité de traitement des usagers face au déplacement, avec par conséquent comme toile de fond et enjeu la notion de service public.

Quels choix devons-nous opérer en matière de transports, de déplacement, de mobilité et d’aménagement du territoire ? Plus généralement : vu l’emprise de plus en plus grande du capitalisme sur nos vies et le faible rapport de force que nous connaissons actuellement, comment reconquérir ou faire advenir de nouveaux droits sociaux et économiques ?

Tels sont l’un ou l’autre des problèmes que soulève le C.S.T.

Pour les aborder, une carte de « droit aux transports » a été mise en circulation il y a de cela deux ans. Cette carte est envisagée comme un outil de reprise publique des choix de déplacement. Elle fonctionne comme une interface entre les usagers et les accompagnateurs de train (les « contrôleurs »).

Que pouvons-nous dire de cette expérience ? Qu’avons-nous appris sur l’état du service public, sur les conditions de travail, sur la relation entre ceux que l’on désigne comme « inclus » ou « exclus » ?

Nous en retenons d’abord une fameuse rupture dans la représentation toute faite d’un monde du travail épuré de conflits, de divisions et, « de l’autre côté de la barrière », d’un monde du néant, défini uniquement « en creux », celui d’un quotidien vide avec comme seule aspiration la recherche d’un travail. Ceux du « dedans », les travailleurs de la SNCB (cela concerne surtout ceux que nous avons rencontré, grosso modo le personnel roulant), sont mis sous une pression de plus en plus constante, affectant directement leur quotidien de travail. Les autres, ceux du « dehors », chômeurs, minimexés… sont aussi mis sous pression mais de l’extérieur, par une administration (ONEm) ou par un CPAS voulant contrôler leurs faits et gestes. L’un bosse soit en aimant son travail, soit en aspirant à la fin de la journée, à retourner chez lui. L’autre chôme soit en espérant retrouver un job, soit en créant, par lui-même ou avec son entourage, la possibilité de son épanouissement, sans trop de fric mais avec du temps pour créer.

En réalité on peut avancer l’hypothèse que la distinction entre ceux du « dedans » et ceux du « dehors » n’est qu’une vue de l’esprit. Les uns et les autres vivent une même tension, celle de la flexibilisation, de la précarisation de la vie. Mais celle-ci prend évidemment des contours différents, se joue autrement et selon des logiques propres à chaque situation.

1. De la SNCB...

Il y a par exemple la question des statuts. Elle s’articule à deux niveaux. D’un côté nous avons un pôle « dur », avec un statut relativement favorable aux travailleurs, expression historique des luttes sociales à la SNCB. Aujourd’hui encore, l’importance syndicale - plus de 80% d’affiliation - rend difficile toute modification des contrats de travail.

Mais ce pôle « dur », ainsi que la structure générale de « l’entreprise publique autonome », se voient requalifiés par des stratégies non ouvertement conflictuelles, miniaturisées. L’une des stratégies du pouvoir directorial est celle du jeu de Go : placer des pions à chaque point de l’édifice, surtout en périphérie, afin de capturer petit à petit des zones publiques qui seront transférées sous peu au privé, ou pour y instaurer une dynamique managériale (celle-ci est déjà présente à presque tous les échelons de la structure). On ne touche pas au statut du machiniste ou de l’accompagnateur de train, mais on fait tout pour que les conditions de travail se dégradent. Ainsi, un ouvrier du service « Entretien des automotrices » nous raconte-t-il : « avant, un véhicule endommagé arrivait (banquettes éventrées, vitres cassées, moteur déficient, systèmes mécaniques à vérifier...) et on disposait d’une journée pour le réparer. D’autres automotrices pouvaient servir en remplacement. Aujourd’hui, la rentabilité prime. L’automotrice arrive, jamais avant 8h, alors qu’on commence notre service à 7h15, mais à 14h elle devrait déjà être remise en ordre de marche. Bref, on est moins nombreux, mais il faut toujours aller plus vite ».

Cela passe aussi par une mise sous tension par les petits chefs (réglementation disciplinaire…), par le détricotage des normes de sécurité, de plus en plus problématique pour ceux qui travaillent (suppression de fait des visites médicales, insalubrité des lieux de travail…) comme pour ceux qui utilisent le chemin de fer (problèmes dans l’entretien des rails, dans les règles de signalisation…).

La structure même de la SNCB n’échappe pas à cette requalification. On maintient certes l’unicité formelle de l’entreprise (c’est-à-dire que les différents services appartiennent juridiquement à une même « maison »), mais on réorganise celle-ci en « business units » ou centres d’activité [1]. Bref, cette unicité n’est plus que factice, puisqu’on crée des filiales, on sous-traite, on externalise la production…

A côté de ce pôle « dur », nous avons un autre pôle marqué par un régime hybride au niveau des statuts.

ABX, entreprise de transport de petits colis, essentiellement par la route, en est sans aucun doute le laboratoire : elle préfigure les « chemins de fer » de demain. On y trouve quatre formes de statuts : les managers et le staff d’encadrement sont nommés (plus ou moins une centaine de personnes), un peu plus de 1500 travailleurs (employés, commis, ouvriers de maintenance…) sont contratuels (barème nettement plus bas qu’à la « maison mère », mauvaises conditions de travail, pas ou très peu de syndicalisation…). « En dessous » de ces deux catégories, nous trouvons deux autres statuts. Ce sont essentiellement les livreurs, attachés à une agence d’intérim ou sous statut d’indépendant.

Un livreur d’ABX nous a raconté sa journée de travail : Alfred (nom d’emprunt) habite à Liège. Pour ce travail, Alfred est indépendant. Il a acheté la voiture de livraison, l’a peinte et a mis les logos à ses frais. Il est obligé de se présenter à 6 heures du matin au dépôt central à Anderlecht, où pendant deux heures il reçoit ses ordres de mission (chaque indépendant travaille par secteur) et charge la marchandise. Pendant ce temps-là, il n’est pas payé. Sa rémunération est calculée par unité de livraison. S’il a beaucoup de marchandises, il rentre au dépôt vers 19-20h. Là, à nouveau, il décharge de la marchandise et preste, sans être payé, jusqu’à 21-21h30. Il rentre chez lui, prend une douche, mange et dort directement.

Si, pendant sa livraison, il est à l’origine d’un accident, s’il détériore ou perd les marchandises, c’est à ses frais. De même s’il est malade. Enfin, en tant qu’indépendant, il doit payer toutes les charges de la Sécu.

Au dépôt, quand il a fini le travail, il ne peut pas prendre de douche…

Statut de travail hybride, logique de gestion mixant, comme nous allons le voir plus loin, de vieilles et de nouvelles techniques de contrôle, contrats juridiques mêlant affaires publiques et privées, logiques de transferts financiers internes des deniers publics vers des pôles comme ABX… Tels sont quelques traits définissant la situation actuelle de cette « entreprise publique autonome ».

2. ...à l’ONEm

Le statut conquis à la sortie de la guerre pour toute cette frange de la population que l’on appelle « sans emploi » [2] se voit aussi petit à petit remis en question. L’Office National de l’Emploi (ONEm) agit selon un même type d’agencement que la direction de la SNCB (avec toutes les nuances dues à des situations différentes) : à nouveau, nous sommes confrontés à une stratégie des petits pas, jamais frontale, toujours menée par la bande. Cette stratégie consiste à transférer le coût financier de l’allocation de chômage du niveau fédéral au niveau communal. Ceci a pour conséquence une politique d’expulsion massive du chômage vers le minimex (gestion communale) ou la rue.

Face à cette logique, peu de voix se sont élevées, à l’exception de différents collectifs autonomes de chômeurs. Par contre, ceux qui sont censés représenter les chômeurs (la syndicalisation des chômeurs est en Belgique de 80%) se montrent étrangement discrets. Au sein des syndicats, la logique administrative et « statisticienne » semble avoir pris définitivement le pas sur la dynamique de résistance et de contre-pouvoir qui imprégna leur naissance. Et pourtant, le nombre de sans emploi affiliés dans les centrales syndicales correspond pratiquement à la moitié de leurs adhérents (parfois à leur majorité).

Mais à y regarder de plus près, cette situation n’est guère étonnante : nous nous trouvons en effet face à un découpage administratif s’articulant sur trois niveaux : l’ONEm / les offices régionaux / les organismes de paiement. Chacun de ces axes s’occupe d’une parcelle de la gestion du chômage.

L’Office National de l’Emploi a pour fonction « de promouvoir et organiser le recrutement et le placement des travailleurs » (rapport annuel de l’ONEm 1989). Cette fonction de régulation entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi a pris un tournant important dans le début des années 80. L’ère libérale de la compression des budgets sociaux, ou plus exactement du transfert massif de l’argent public vers le privé et des logiques d’organisation managériales au sein des administrations publiques, pousse celles-ci à afficher une meilleure rentabilité. Un des critères de base est la baisse des unités traitées, c’est-à-dire du nombre de chômeurs. Pour tenter d’atteindre cet objectif, il fallait créer une multitude de dispositifs, allant d’une répression pure et simple (les visites domiciliaires en constituent la figure la plus significative, mais il existe plus de 56 motifs de suspension ou d’exclusion) à des systèmes plus souples de « réadaptation sociale ». Le plan d’accompagnement des chômeurs est une mesure exemplaire de ce genre de logique. Il consiste à organiser un accompagnement direct du chômeur sous-qualifié. L’optique affichée est celle de la « resocialisation », afin que les sans emploi puissent mieux se vendre sur le marché. Mais le résultat recherché est ailleurs : toucher les maillons les plus faibles (bas niveau de qualification…), exercer une pression suffisante sur cette population (retard aux rendez-vous, arrêt de la formation…) en vue de les exclure du droit au chômage.

Or, si c’est l’ONEm qui a effectivement élaboré ce genre de dispositif, ce n’est pas lui qui le met à exécution. Il dispose en effet, depuis la régionalisation, de trois organismes, relativement autonomes, d’insertion socioprofessionnelle : l’ORBEm à Bruxelles, le FOREm pour la Wallonie et le VDAB en Flandre. Ceux-ci s’occupent du deuxième axe de la gestion des sans emploi : l’insertion. On peut schématiquement découper leur travail en deux volets : l’un concerne la proposition d’offres d’emploi, l’autre, la motivation et la requalification. Le premier volet est relativement classique : faire office d’interface entre le monde de la demande (entreprises, ménages…) et celui de l’offre.

Il est à noter à ce sujet qu’une double logique s’opère depuis des années. D’une part, on favorise la demande via différents contrats d’embauche (réduction des cotisations sociales pour les employeurs ou création de sous-statuts tels que celui de travailleur ALE, ceux résultant de l’activation des allocations de chômage… ce qui augmente ipso facto la pression sur les revenus). Et d’autre part on « ouvre » le marché de l’offre à la concurrence (directive européenne). C’est-à-dire que le marché du non emploi devient en lui-même un créneau porteur... A ce titre, comme l’usager des transports publics, le chômeur est aussi dans un devenir client.

Le troisième axe de ce découpage administratif concerne la fonction des syndicats comme organismes de paiement. Ceux-ci, essentiellement la FGTB et la CSC, qui se partagent 80% des dossiers, travaillent en amont : ils s’occupent de l’ouverture des dossiers et de leur gestion courante, du paiement des allocations, des affaires juridiques et de temps en temps de la défense des allocataires sociaux.

Pour ce travail, l’ONEm (via la caisse de sécurité sociale) verse des indemnités pour frais d’administration - plus ou moins 2166,4 millions bef pour chacune des deux organisations - à quoi il faut ajouter la masse monétaire que l’ONEm avance annuellement pour le paiement des allocations. Sans oublier bien sûr la cotisation mensuelle des affiliés, d’un montant d’environ 340 fb. Il va sans dire qu’un tel encadrement administratif du chômage empêche toute forme de contestation de la part de ceux qui en « bénéficient » : les syndicats ont trop à perdre pour se mettre dans une position de résistance active face aux logiques libérales de la gestion du chômage.

De plus, il ne faut pas sous-estimer le poids idéologique de la valeur travail dans des structures qui se sont constituées autour du monde du travail [3]. Ce qui bloque aussi la capacité des syndicats à actualiser une analyse critique des conditions de vie et de travail contemporaines, et par là même à se donner les moyens d’effectuer une contre-offensive pratique.

Les inflexions qui ont été opérées depuis le milieu des années 70 touchent donc tout le corps social, aussi bien ceux qui exécutent un travail que ceux qui n’en ont pas. Nous ajoutons que les directions syndicales, celles en tout cas que nous avons rencontrées dans le paysage jusqu’ici brossé (SNCB-Chômage), cogèrent cette situation.

3. L’entre-deux

Les logiques en œuvre dans la société marquent bien, nous l’avons vu, une volonté intrinsèque des dominants de reconfigurer la réalité selon leurs modèles. Cependant on peut émettre l’hypothèse que cette volonté acharnée de tout contrôler fait signe d’une crise profonde de la gouvernabilité : ils ne savent plus vraiment comment gérer la situation sociale.

Nous pouvons par exemple lire l’introduction des logiques managériales à la SNCB comme un double symptôme d’impuissance, d’une part il montre que les formes de discipline « classiques » ne fonctionnent plus (modèle bureaucratique) et d’autre part que le socle idéologique (le service au public) imprégnant cette entreprise ne s’articule plus comme un mode d’identification collective assurant un minimum d’obéissance et de valorisation (travail bien fait…).

A cet égard, le management aurait la fonction de remplir cette double fissure, par une technique de contrôle plus souple, s’intéressant plus aux affects, aux désirs… des travailleurs, recourant à des formes plus collectives de gestion… Tout en essayant de promouvoir une nouvelle idéologie, celle de la qualité, du client, de la performance ou des compétences individuelles, collectives… [4] D’ailleurs, une des figures très concrètes du contrôle passe par cet alibi et cette injonction permanente du client.

Mais si du point de vue du « haut » se cherche une technique nouvelle de gouvernance, nous pouvons dire aussi que les formes de résistance se construisant « en bas » sont prises dans un même mouvement. Nous nous trouvons peut-être à la charnière d’une double période, l’une développée par le mouvement ouvrier à la fin du siècle dernier, autour de grandes organisations de masse (mutuelle, coopérative, centre de loisirs, parti, presse…) et l’autre, plus minoritaire (mouvement des femmes, écologiste, sur le logement, le chômage, des sans papiers…), qui travaille aujourd’hui différemment les questions de l’intervention publique, de l’organisation (individu/collectif) et de l’autonomie.

Cet entre-deux dans lequel nous vivons construit une multiplicité de contestations, de fuites et de refus des logiques instituées. Chacune d’elles, à sa manière, marque une respiration, une pause, elle construit aussi de nouveaux agencements, de nouveaux espaces de création. Elles ne s’expriment sans doute pas, comme par le passé, dans un programme, dans une figure déterminée mais plutôt sur un plan de revendications précises, dans une volonté de changement plus immédiate, plus en prise sur le quotidien.

Par exemple, pour les uns, cela se traduira par des arrêts de travail, des freins dans la production, par un ensemble d’ajustements mineurs rendant les conditions de travail plus vivables. Ou par des lignes de fuite d’ordre individuel, allant des incapacités de travail et des maladies jusqu’à l’échappatoire ultime, le suicide.

Pour les autres, les chômeurs et les allocataires sociaux notamment, les tentatives de desserrer l’étau marchand et de restaurer une capacité commune à produire la vie (résistance et existence) débouchent aussi sur des agencements innombrables.

Mais cela passe aussi par l’individuel, par ce bricolage perpétuel d’une « autre vie », cette construction de réseaux informels permettant de boucler un peu mieux les fins de mois, le fait d’accepter de bosser pendant une période, histoire de mettre un peu d’argent de côté pour accomplir ensuite ce que l’on désire, essayer de dégager du temps pour s‘épanouir, créer (écrire, peindre, faire de la photo, de la musique…). Tout cela sont aussi des gestes, des pensées et des démarches en rupture avec le désir marchand.

On peut se dire pour conclure que ce n’est sans doute plus qu’une question de « niveaux » ou d’aspect qui sépare le « nous » du « eux ».

« Niveau » d’adaptabilité financière en principe plus élevée chez ceux qui sont salariés, aspect de la représentation sociale (le je travaille est différent du je chôme), aspect de la structuration (horaire, petit chef, consignes…).

Mais paradoxalement le « niveau » d’ajustement et la capacité de réponse envers le système sont sans doute plus forts chez les nouveaux précaires que chez les travailleurs de longue durée. Et justement (du moins c’est une hypothèse) c’est autour du refus d’ajustement des précaires par rapport aux normes salariales que se joue l’une des difficultés des employeurs à trouver de la main d’œuvre en suffisance.

Eh non, nous sommes loin d’être toutes et tous des Rosetta…



[1] Chaque centre a une comptabilité indépendante et toute transaction interne ou externe est facturée, ce qui permet de discerner directement ce qui est rentable et ce qui ne l’est pas. Qui a dit que la gestion libérale des affaires réduit la bureaucratie ?

[2] Malgré la pratique qui consiste à faire disparaître virtuellement des chômeur(euse)s (chiffre officiel en septembre 2000 : environ 400.000), toutes les catégories de personnes relevant du statut d’allocataires sociaux ou de minimexés représentent près de 1.050.000 personnes, soit un peu moins de 25% de la population active

[3] La déclaration de principes de la FGTB stipule (art.5) : « il entend que le travail, créateur de toutes les valeurs et source de tous les biens, soit enfin considéré comme facteur primordial, les autres facteurs n’étant que subordonnés ou parasites »

[4] Voir p.ex. la brochure diffusée à la SNCB en 1997-98 par la boîte de consultance Cooper & Lybrand : « maintenant communication passive, comportement passif, bureaucratie excessive, trop de niveaux hiérarchiques. Demain : communication active, comportement actif, administration aussi efficace que possible, limite des niveaux hiérarchiques ».








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