[logo]


Archipel des résistances rurales : fêtes, débats, ateliers... à la Zone

14 / 05 / 2004

Pour faire rhizome ou archipel…du 14 au 16 mai …« La Zone », à Liège, aux couleurs de la ruralité et de la diversité. Ambiance…Meuhhh !

Pour voir directement les activités, concerts etc, rendez-vous au bas de ce message ! :-)

Archipel  : ensemble d’îles, aux contours propres, aux couleurs, aux fleurs, aux populations singulières, mais suffisamment reliées par le fond et géographiquement proches pour qu’on y distingue en même temps… un ensemble particulier, non confondable, identifiable en tant que formant un tout.

Rhizome  : plante unique dont les éléments apparents sont reliés par le sous-sol, dont la racine originelle n’est plus identifiable, peut même avoir été détruite, sans que cela empêche la plante de continuer à se ramifier ; chaque élément est à la fois le produit de la plante et le départ de son nouveau développement.

Ces deux images sont proches, même si l’une,-le rhizome-, a de différent ceci qu’elle indique un mouvement, une construction permanente, davantage qu’un simple lien peu visible et quasi immuable. Ne dit-on pas d’ailleurs de certaines de ces plantes qu’elles sont « volontaires » ?

Ce sont les acteurs d’une espèce de petit archipel en construction, ou d’un rhizome en devenir, à vous finalement de vous faire une opinion, que nous vous invitons à rencontrer ces 14, 15 et 16 mai au centre culturel « La Zone », à Liège.

Durant ces trois jours en effet, nous accueillerons les acteurs inventifs de trois projets tournant autour de la production agricole.

"Quelle drôle d’idée ! Qu’est-ce qu’ils viennent foutre dans notre voyage artistico-culturel ? Nous, urbains bizarroïdes, qu’avons-nous à voir avec ces gens-là ?"

Pour mieux comprendre, présentons tout d’abord les protagonistes, les îlots.

La Ferme du Hayon .

Depuis sept ans, de plus en plus de citadin-e-s ont eu l’occasion de rencontrer ce projet mouvant, mené actuellement par une petite douzaine de personnes, au fin fond de la Gaume. Que ce soit par des week-ends en gîte, par des visites sur place ,-simplement pour découvrir-, ou lors d’un chantier « bois » ou «  ramassage de patates », ou encore à l’occasion d’actions contre les OGM, de séminaires ou de débats sur la production bio, les conditions d’existence des paysans, la lutte contre l’industrialisation de l’agriculture. Ou peut-être avez-vous entendu parler du « Hayon » parce que vous avez un jour découvert sur la Batte l’un de leurs merveilleux fromages, le « Cœur Fleuri », la « Rawette » ou le « Dissident ». Ou alors vous faites partie d’un groupe d’achats commun de produits bio. A moins que vous ne soyez carrément l’un des très nombreux coopérateur/rice/s de la coopérative « Terre du Hayon »…

Bref, les amis du Hayon, ce sont des gens qui bougent, qui produisent de délicieux produits, tout en faisant vivre collectivement, en vie communautaire, une des fermes les plus sympas et les plus accueillantes de Wallonie, dans un petit écrin de nature, qui, à lui seul, vaut déjà le détour. Une de ces rares fermes aussi où l’on réfléchit énormément sur la manière de produire, de cultiver, de vivre ensemble, différemment. Comment sortir des rapports marchands, des contraintes productivistes, des dépendances bancaires, du salariat… ? Comment s’associer à d’autres, développer des coopérations, avec qui, sur quelles bases ? Comment "faire rhizome", justement ?

Prises de tête certes, mais une vache de mise en pratique quotidienne, qui alimente la réflexion et démystifie le discours fumeux ou donneur de leçons…

La Ferme de chez Louis

Elle est, elle, très différente, même si ce sont en gros les mêmes questions qui y sont quotidiennement travaillées. Située sur le plateau condruzien, à Rotheux,-15 km de Liège-, cette autre expérience fermière, en biodynamie, fut lancée il y a plusieurs années par…Louis, évidemment, décidé à reprendre la ferme familiale…

Depuis, non seulement ils sont plusieurs à vivre sur la ferme (élevage, maraîchage, production de fromage …), mais un nombre toujours plus important de Liégeois et Liégeoises montent régulièrement « chez Louis » pour y donner des coups de mains, apprendre à traire, à faire du stoffé, de la ricotta, du pâte dur ou de la makaîe, ou pour faire la fête à la fin de juin, à l’occasion du grand feu de la St Jean (début de l’été)…Ce qui est sûr, c’est qu’on apprend toujours quelque chose quand on va chez Louis… Espace ouvert, accueillant, où le philosophe a autant sa place que l’éleveur de vaches - ou que la vache elle-même d’ailleurs. Question d’équilibre…dynamique.

Les Tawes  »

C’est encore autre chose : d’abord, c’est à Liège même, sur les hauteurs du Thier-à-Liège. Ici on fait du maraîchage, de la culture de fruitiers, du dressage de chevaux de trait, et surtout des potagers collectifs…Un chouette site de production, quasi installé au cœur de la ville, conçu lui aussi sur l’ouverture à qui veut découvrir, apprendre, partager des savoirs et des savoirs-faire… Ca fonctionne sur l’échange et sur l’accueil : tous les 12 du mois à 12 heures, par exemple, vous pouvez y amener de quoi manger, faire la fête et puis de quoi bosser, à votre goût et à votre rythme : planter, cueillir, élaguer, travailler la reproduction de semences, de plus en plus interdite par les systèmes de brevetage du vivant…bref, vous pouvez y cultiver pour vous et pour d’autres.

Ces trois projets, ces trois équipes, se côtoient de plus en plus, non seulement parce que les approches qu’elles développent en matière d’agriculture sont fort proches, mais surtout parce que leur point commun fondamental se situe dans un esprit qui cherche à créer des espaces collectifs, ouverts, les plus autonomes possible, permettant une reprise en main de nos moyens d’existence, à commencer par nos moyens de nous nourrir par nous-mêmes…

L’idée d’un réseau plus construit est en germe, ouvert sur le soutien et la coopération avec les citadin-e-s que nous sommes… Ouvert donc à l’invention de nouvelles formes de coopération avec des acteurs urbains, cherchant eux aussi à « libérer des espaces autonomes » d’existence collective, d’expression multiple, de vie communautaire.

Alors « La Zone » (et d’autres lieux, d’autres assoces, dont vous faites peut-être partie), futurs îlots de cet archipel en construction, futures plantes émergentes d’un rhizome qui cherche à se ramifier davantage encore ? Et pourquoi pas ?

C’est pour en causer avec eux, les rencontrer tout d’abord, les cotoyer, comprendre les enjeux dans lesquels ils ont choisi de se placer, imaginer ensuite des coopérations à mettre en oeuvre ultérieurement, qu’un collectif liégeois, composé de quelques zonard-e-s notamment (ou proches de « La Zone » en tout cas), vous invite à ce week-end, vachement coloré et diversifié, dont le bénéfice financier sera intégralement reversé aux dits projets.

Pour ceux qui n’auraient pas encore compris (ou pas tout lu jusque là), ces trois jours en fête, en films, en musiques, en repas, en tchatches et en chantiers pratiques (ouf !), seront placés sous le sceau des questions suivantes :
- comment reprendre prise, maîtrise, sur notre existence ?
- comment inventer ensemble (à plusieurs en tout cas) les réponses qui conviennent, tant à nos besoins qu’à nos désirs ? Et si vous pensez les inventer déjà chaque jour, comment aller plus loin, dans la construction de bases plus autonomes (encore) et plus coopératives (encore) ?

« Car, construire aujourd’hui, entourés par la cascade effrénée des catastrophes et l’immense accumulation de souffrances, des « modèles d’alternative », ce n’est pas affaire de sortir du monde, mais d’élaborer des possibilités de sa transformation » (Yohannès, du réseau des coopératives de Longo Maï, in L’Archipel, nov. 2002).

Au programme donc (accrochez-vous !) :

Vendredi 14 mai, à « La Zone » :

- Dès 19h : ouverture des portes et repas bio (produits de la Ferme du Hayon, des Tawes et de la ferme de Rotheux). Prix : 3,5 euros (pour les végétarien-ne-s) et 5 euros pour les autres.

- A 20h30 : présentation du week-end avec le court-métrage de Jorge Furtado (Brésil) : « L’Ile aux Fleurs » (1989) :

« Si l’écologie, pour paraphraser la philosophe française Valérie Marange, est « l’art ou la science des agencements, des inter-actions, que tissent les vivants entre eux et avec leur milieu », « l’Ile aux Fleurs » a alors inauguré une nouvelle ère en matière de films proprement écologiques. L’Ile aux Fleurs existe bel et bien, à côté de Porto Allegre, au Brésil. Ce court métrage y fut tourné quelques mois avant que le Parti des Travailleurs y remporte les élections et y lance de nombreux projets sociaux, dont le désormais célèbre budget participatif. Pourtant, la question que suggère ce film y reste sans doute toujours d’actualité : au cœur des délires d’une sur-consommation sans limite, quelle différence y a-t-il finalement aujourd’hui entre une tomate, un cochon et un être humain ? »

- A 21h30 : concerts. Entrées : 6 euros

Les Mélotrolls

Les Mélotrolls c’est la rencontre de 4 jeunes musiciens que rien au départ ne poussait vraiment à jouer ensemble. Rien sauf … une passion commune pour la musique Celtique Irlandaise… Les Mélotrolls, c’est la rencontre d’un banjo américain avec un saxophone, une basse et une batterie. Quatre instruments rarement mis ensemble et pourtant … si l’on osait mettre leur sonorité, leur style propre et leurs influences au service d’un seul projet, quelque chose de nouveau : une musique folk, celtique irlandaise, subtilement teintée de jazz, de bluegrass … Les Mélotrolls, c’est 4 gars qui bossent sérieux mais qui s’amusent avant tout ! On peut leur faire confiance pour communiquer leur bonne humeur, car figurez-vous que l’on trouve leurs origines quelque part dans la forêt où vit une communauté très sympathique de petits trolls mélomanes.

Feldat

L’une des découvertes de le Fête en Pierreuse il y a trois ans ! FELDAT :Fédération Emigrante de Libération des Damnés de la Terre. Une musique hors des références habituelles, au coeur des luttes sociales. Le style FELDAT, certains l’appellent le DARM : Dialectique Apatride Rythmique Mélodique. Une musique de filiation plutôt rurale, qui se joue nerveuse et sous tension urbaine.Elle nous plonge direct au coeur des réalités afro-orientales de l’Europe. Mais ce qui frappe aussi, c’est le flow sec, rapide et précis. Les rythmes, les mélodies arabo-andalouses revisitées. Et la voix qui s’ouvre au paroxisme lyrique des chants gitans, mais ne les plagie pas. FELDAT : un mélange explosif à base de sons informatiques, acoustiques, de paroles italiennes, de textes en français, de guitares espagnoles, de voix berbères… Par le DARM, FELDAT nous rappelle à la fête, à nous-mêmes, à nos origines d’ici :MULTIPLES, METEQUES. Sur scène, FELDAT enflamme, avec la même chaleur, les villages agricoles et les cités urbaines. Il y fait entendre le versant oriental de l’Europe, oublié, étouffé par l’occidentalisation, jusque dans le chant de la langue où nous nous trouvons, en réveillant notre latinité, notre mélodicité, notre rythmicité, notre méditerranéité, actuellement recouverte.

ABB

ABB est une formation electro dub jungle, qui propose une musique énergique et planante faisant tomber les barrières entre les styles et les cultures. Loop, percussions, didgeridoo, guimbarde, basse lourde et voix s’entremêlent, lors de ce voyage musical initiatique qu’ils vous feront vivre en live.

Samedi 15 et dimanche 16 mai : voir suite de l’agenda.






Ce site est hébergé par Collectifs.Net , portail autogéré. Les textes signés par le CST sont libres de droit, servez-vous.
Il est géré grâce au Système de Publication pour l'Internet Partagé (SPIP) , soumis à la GNU General Public Licence (GNU/GPL) .
Pour contacter le "webmestre" : webcollectif-cst@altern.org .